Delphine Jelk
« Je crée un parfum comme je crée une robe. »
Rencontre avec Delphine Jelk, Directrice de création pour la maison Guerlain. Un « nez » qui, depuis son enfance, a toujours aimé les notes de la Guerlinade sans le savoir. Aujourd'hui, Delphine twiste les senteurs Guerlain comme personne : à la tête de l'innovation de la mythique maison parisienne, voilà une figure audacieuse. Présentations.
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Votre parcours
Delphine JelkJe suis suisse et ne connaissais pas le métier de parfumeur. Mais depuis petite je voulais créer des potions magiques. Je pensais tout d'abord à la pharmacie, mais j'étais très créative et on me disait que j'allais être déçue. J'ai gardé ça dans un coin de ma tête. Depuis toujours, j'avais une envie : partir m'installer à Paris, à 18 ans après le bac, et c'est ce que j'ai fait en intégrant ESMOD, en stylisme-modélisme.
En dernière année, il fallait que je présente un projet pour valider mon diplôme et j'ai choisi de concevoir le vestiaire d'un homme à la maison s'occupant de son bébé. J'ai voulu créer un monde sensoriel en créant un lien entre les différents sens : entre textures, couleurs, odeurs et goûts. J'ai créé une collection « homewear » très confortable en lin beige et gris avec du cachemire crème, et me suis posée la question : et si le cachemire et le lin avaient une odeur ?
Je me suis alors dirigée vers Firmenich (laboratoire suisse leader en fabrication d'arômes et de parfums depuis plus de cent ans et qui possède la Villa Botanica à Grasse, ndlr). Ce partenariat m'a passionnée. Ça a été une vraie révélation. Au sortir de l'école, j'ai été embauchée chez eux pour m'occuper des tendances des odeurs en guise de traductions olfactives de la mode. J'aime à dire que je crée un parfum comme je crée une robe.
Le parfum est une histoire de transmission. J'ai eu la chance que chaque matin un parfumeur senior me fasse sentir des matières premières. Un jour, j'ai senti l'herbe coupée et j'ai su que je voulais travailler avec les fragrances. J'ai eu ensuite le concours du GIP (Grasse Institute of Perfumery, ndlr) pour compléter ma formation, comme un master, et pendant lequel j'ai fait l'apprentissage des matières premières, de la formulation et de la création de parfum.
À l'issue de mon diplôme, Philippe Romano, un parfumeur grassois, m'a prise sous son aile. Il m'a beaucoup appris et légué. C'est capital dans ce métier, car quand on sort d'école, on sait créer des accords, mais on ne sait pas encore créer un parfum. Puis je suis partie à New-York. C'était parfait pour comprendre les différentes préférences culturelles. J'avais alors 28 ans.
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La naissance de La Petite Robe Noire, ses inspirations, le secret de la Guerlinade et ses accords parfaits vous attendent dans RIVIERA ART N°2 — spécial parfum.
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